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Quoi faire si vous perdez vos références visuelles en vol VFR ?

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Quoi faire si vous perdez vos références visuelles en vol VFR ?

QUOI FAIRE SI VOUS PERDEZ VOS RÉFÉRENCES VISUELLES EN VOL VFR?

par Sophie Dufresne
Instructeur de vol Classe I

Vous volez tranquillement près des côtes de la Gaspésie par un petit matin ensoleillé quand tout à coup, une brume surgit de nulle part et vous enrobe. Vous venez de perdre vos références visuelles avec le sol et entrez en conditions météorologiques de vol aux instruments. Ce scénario pourrait avoir mille variantes : une météo qui se dégrade, des plafonds qui descendent ou des averses soudaines et imprévues. Le résultat est le même : vous ne voyez plus dehors et si vous ne faites pas quelque chose rapidement, il vous reste moins de 3 minutes à vivre.

 

Tout le monde a vu le vidéo de 178 secondes pour survivre. Quiconque a subi de la désorientation spatiale et/ou la perte de repère visuel peut confirmer : ça ne prend pas long à l’avion pour quitter son assiette de croisière. Pourquoi? Parce que l’oreille interne nous joue des tours et envoie au cerveau des messages contradictoires à sa position. Parce que malgré l’entraînement, notre cerveau résiste au changement.

 

Pour bien démontrer comment nous sommes affectés par la désorientation spatiale quand nous perdons nos repères visuels, je propose un exercice aux candidats que je forme comme instructeur: je leur demande de voler l’avion en croisière, ensuite je leur demande de fermer les yeux. Ça prend moins d’une minute pour que l’avion quitte son assiette de croisière. En fait je vous avouerais que pour la plupart, ça prend moins de 20 secondes. Le 178 secondes pour survivre est donc vraiment pas loin de la réalité.

 

Que faut-il faire alors? Votre survie dépend de votre capacité à transférer le plus rapidement possible du vol VFR à un vol aux instruments. Mais c’est complètement contre-nature. Un, l’oreille interne envoie des messages contradictoires à votre cerveau et deux, le cerveau humain n’aime pas les changements. Il lutte pour s’en tenir au plan initial, même si le petit carré de sol qu’il cherche à conserver est accompagné du bruit de l’avion qui accélère vers le sol… Hop, 178 secondes encore.

 

La formation que l’on suit lors de notre licence PPL et que l’on appelle le panneau complet sert à ça : en cas de désorientation spatiale/perte de références visuelles, vous devez vous imaginer que votre instructeur vous donne les lunettes ou la visière vous obstruant l’extérieur et vous devez utiliser la technique de vol aux instruments. Votre horizon artificiel remplace maintenant vos yeux sur l’extérieur et vous retrouvez votre technique de balayage des instruments. Vous retournez en vol de croisière avec une altitude et vitesse sécuritaires. Quand vous avez le contrôle de votre avion, vous pouvez maintenant analyser votre situation et trouver des solutions.

 

Faire demi-tour ou monter?

La première question qui se pose, et qui est souvent cause de débats : fait-on un 180° ou monte-t-on? Les lignes de pensée sont multiples et les arguments nombreux. Tout dépend du phénomène météo qui vous accable et de la localisation de votre vol. Si ce sont des précipitations soudaines et imprévues, et qu’il faisait beau d’où vous arrivez, le demi-tour devrait être votre action première. Tel qu’enseigné, aux instruments, à taux 1 sur le coordonnateur de virage. Un coup celui-ci effectué, si vous ne retrouvez pas vos repères, monter devrait être votre 2e réflexe. Pourquoi? L’altitude est votre filet de sécurité…particulièrement vrai si vous étiez en navigation en région montagneuse où votre premier réflexe devrait être de monter.

 

Toutefois, beaucoup de pilotes n’ont pas le réflexe de monter. La raison invoquée est qu’ils ne voient pas s’il y a quelqu’un au-dessus d’eux. Toutefois quelles sont les chances de frapper un autre avion en vol dans le même secteur, s’il n’y avait personne quelques minutes avant? Pas mal moins grandes que de frapper le sol je parierais. Le fait de monter, en plus de vous assurer une plus grande sécurité face aux obstacles, va vous permettre la 2e phase de votre survie : communiquer! Contactez le terminal ou une tour de contrôle du secteur. Les contrôleurs sont là pour vous aider en cas de détresse, utilisez-les!

 

La perte de référence visuelle compte parmi les situations le plus dangereuses qu’un pilote VFR peut rencontrer. C’est pourquoi vous devez avoir les réflexes qui vont assurer votre survie. En cas de perte de références visuelles :

  • Je vole/stabilise mon avion
  • Je transfère aux instruments si ce n’est déjà fait
  • J’analyse : demi-tour ou montée?
  • Je communique

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