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Aviateurs Québec s’objecte aux mesures d’atténuation du bruit à l’aéroport de Saint-Jean-sur-Richelieu
Dans de récentes correspondances avec la direction de l’aéroport de Saint-sur-Richelieu et Transports Canada, Aviateurs Québec a tenu à faire part de ses sérieuses préoccupations à l’égard des mesures de mitigation du bruit récemment proposées par l’exploitant de l’aéroport de Saint‑Jean‑sur‑Richelieu, lesquelles incluent des restrictions sur les opérations de posés‑décollés ainsi que l’imposition de frais d’atterrissage visant explicitement la réduction des mouvements d’aéronefs.
Concernant les restrictions opérationnelles envisagées, Aviateurs Québec estime que cette approche ne repose pas sur une analyse objective et actualisée de la situation acoustique. L’étude de bruit réalisée par SoftdB en 2020 concluait à l’absence de dépassement des critères reconnus en matière de bruit aéronautique. Or, les mesures proposées, font fi de cette étude, et s’appuient principalement sur un rapport interne basé sur des plaintes citoyennes, lesquelles semblent provenir d’un groupe restreint de résidents et ne sauraient, à elles seules, justifier l’adoption de restrictions supplémentaires. Dans un contexte où les conditions d’exploitation de l’aéroport ont évolué depuis 2020, Aviateurs Québec considère qu’une mise à jour rigoureuse de l’étude de bruit constitue un préalable essentiel à toute prise de décision éclairée.
Aviateurs Québec souligne également que l’utilisation accrue de l’aéroport par des écoles de pilotage non-résidentes pourrait être encadrée par des mécanismes alternatifs, notamment la désignation de l’aéroport comme étant PPR (Prior Permission Required) pour ces utilisateurs, une approche déjà mise en œuvre avec succès à l’aérodrome de aint-Hyacinthe. Cette solution permettrait de répondre aux préoccupations exprimées tout en évitant de pénaliser les pilotes et propriétaires d’aéronefs résidents.
Les restrictions sur les posés‑décollés soulèvent par ailleurs des enjeux importants en matière de sécurité aérienne et de conformité réglementaire. Le maintien des compétences des pilotes, tel qu’exigé par le Règlement de l’aviation canadien, repose sur l’accès adéquat aux infrastructures et aux opérations d’entraînement. Aviateurs Québec met en doute l’analyse des impacts de ces restrictions sur la sécurité et la formation continue des pilotes.
En ce qui concerne l’imposition de frais d’atterrissage, Aviateurs Québec estime qu’il s’agit d’une mesure inéquitable pour les usagers résidents, lesquels acquittent déjà des redevances pour l’utilisation des installations aéroportuaires. L’application de ces frais équivaut, dans les faits, à une double tarification qui ne cible pas adéquatement les sources principales des enjeux soulevés et qui risque de nuire à la viabilité des activités de l’aviation générale à Saint‑Jean‑sur‑Richelieu.
Plus largement, Aviateurs Québec s’inquiète des conséquences à long terme de l’application combinée de ces mesures sur l’avenir de l’aviation générale et sur la relève des pilotes. Les aéroports régionaux jouent un rôle fondamental dans la formation, le maintien des compétences et le développement de la nouvelle génération de pilotes. Des mesures excessivement restrictives risquent d’affaiblir ces écosystèmes essentiels.
En conclusion, Aviateurs Québec recommande :
- la réalisation d’une nouvelle étude de bruit indépendante et actualisée ;
- l’exploration de solutions alternatives, incluant le statut PPR pour certaines activités non résidentes ;
- l’abolition des frais d’atterrissage pour les propriétaires d’aéronefs résidents ;
- la mise sur pied d’un groupe de travail réunissant l’exploitant, les usagers et les représentants des riverains ;
- et l’intervention du ministre des Transports du Canada afin d’assurer que toute décision soit conforme aux principes de la circulaire CI 300‑002 et favorable au développement de l’aviation générale.
Aviateurs Québec réitère sa volonté de collaborer de manière constructive avec l’ensemble des parties prenantes afin d’identifier des solutions équilibrées, durables et fondées sur des données objectives.
NOTE : La ville de Saint-Jean-sur-Richelieu a rendu public le 27 avril une étude sur le bruit qui avait été finalisée par la firme Stantec - Experts Conseils en janvier 2026. En dépit des résultats de cette étude, la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu maintient sa demande auprès de Transports Canada pour l’ajout de mesures de mitigation de bruit additionnelles
Source : Aviateurs Québec
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