Zone de largage parachutistes à Joliette - CSE3

1 Mai 2019

Le soleil qui se lève sur un magnifique matin d’été déclenche chez nous, pilotes, une envie soudaine et irrésistible d’aller faire une ballade en avion… Cependant, trop peu de nous s’arrêtent à étudier la carte pour se familiariser avec les différentes zones d’aérodrome que nous allons croiser en route. Portant moi-même le chapeau de pilote, je comprends très bien cette envie folle d’aller soudainement voler mais sous mon deuxième chapeau, celui de chef pilote d’un club de parachutisme, je me dois de vous souligner l’importance de l’analyse de carte et des communications appropriées dans certaines zones d’aérodrome.

Depuis plusieurs années, j’observe au-dessus de notre aérodrome, Lourdes-de-Joliette (CSE3), une augmentation du trafic aérien sur flotteurs, sur roues et sous rotor. Jusque-là, pas de problème, puisque nous ne sommes pas dans une zone restreinte (CYR) mais bien consultative (CYA). Par contre, ce qui devient dangereux, c’est le manque de connaissance du sport et/oule manque de discipline aéronautique des pilotes qui traversent cette zone. En effet, la grande majorité des pilotes qui traversent la zone ne s’annoncent pas sur la fréquence 123.50 Mhz et passent directement à travers l’axe de largage et au-dessus de la zone d’atterrissage des parachutistes.

Une CYA est définie par :

Un espace aérien à l’intérieur duquel se déroule une activité dont les pilotes des aéronefs non participants devraient être informés, pour des raisons de sécurité aérienne, notamment l’entraînement, le parachutisme, le vol libre et les opérations militaires. Il n’existe aucune restriction particulière relative à l’utilisation de l’espace aérien à service consultatif. Cependant, les aéronefs VFR sont encouragés à éviter de voler dans l’espace aérien à service consultatif à moins qu’ils ne participent à l’activité qui s’y déroule. (AIM RAC 2.8.6)

En 2017, on a documenté 10 événements potentiellement dangereux, communément appelés ‘’passe-proche’’. Durant ces événements, les appareils étaient suffisamment proche pour potentiellement causer des blessures ou des décès de parachutistes en chute libre ou sous voilure.
De ces 10 événements, 4 mettaient en cause des hélicoptères, 4 avions sur flotte et 2 avions sur roues. Dans tous les cas, les appareils étaient sur un vol privé de plaisance.

Pour tenter de réduire les risques de collision entre sauteurs et appareils de plaisance, je vous invite à prendre connaissance de l’emplacement de la zone de largage de parachutistes CYA 602 et CYA 603 située au nord-est de l’aérodrome de Joliette. Cette zone a été établie parce que nous effectuons du largage de parachutistes intensif de mai à octobre, du levé au couché du soleil et de la surface jusqu’à 18 000’. Il est extrêmement déconseillé de passer dans cette zone surtout la fin de semaine puisque nous effectuons un largage de 16 à 23 sauteurs à tous les 5 minutes. Il est donc raisonnable de croire que des sauteurs se trouvent en permanence dans les airs à l’intérieur de la zone de largage. Il est aussi important de noter que les sauteurs en chute libre sont presque impossibles à voir, donc à éviter et que les sauteurs une fois sous voilure sont quand même très difficile à repérer, même pour les pilotes habitués.

Il est aussi important de noter que les appareils de largages sont aussi en sois un danger pour les pilotes qui voudraient transiter dans la zone. Nous opérons une flotte de Cessna Caravan C208B et de Twin Otter DHC6 qui effectuent des montées et descentes à travers les CYA pendant toute la journée. Les pilotes sont à la fois sur la fréquence d’aérodrome 123.5 et avec le terminal de Montréal puisqu’ils larguent dans l’espace aérien contrôlés de classe B de Montréal. Ils ne peuvent donc pas surveiller les autres fréquences comme 126.7. ( de là la raison des CYA d’ailleurs!)

En bref, il existe plusieurs façons d’éviter les passe-proches avec nos sauteurs. Premièrement, consultez vos cartes pour savoir où sont les CYA et les éviter. Ensuite, soyez toujours sur la fréquence d’aérodrome quand vous passez dans un rayon de 5 nm de l’aérodrome de Lourdes-de-Joliette ou de Joliette et finalement, n’essayez pas de les éviter de façon visuelle…parce que c’est pas celui que vous voyez qui vas vous frapper, mais bien ceux que vous ne voyez pas!
Merci de votre collaboration.

Jocelyn Brunet, Chef Pilote, ParachuteVoltige.com 

Source : Jocelyn Brunet


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